Période de 1830 à 1848 - Guerres de conquête de l'Algérie - Histoire de Mosset

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

Période de 1830 à 1848 - Guerres de conquête de l'Algérie

XIXe siècle > 1830 à 1848

La conquête de l'Algérie (1830-1870)



La monarchie de Juillet, bien que pacifique, se lança cependant, dans une grande œuvre militaire la conquête de l'Algérie (1830-1847). Le dey d'Alger, Husayn représentant de l'Empire Turc, qui avait un différend avec la France depuis la révolution, frappa le consul de France avec son éventail en 1827. Cet affront public déclencha la prise d'Alger par une force de 37.000 hommes débarquée le 14 juin 1830 et 27.000 marins

Prise d'Alger le 5 juillet 1830
Deux Mossétans font partie de l'expédition. Ils ont traversé la Méditerranée à bord d'un des 567 navires de la force d'intervention.
Le premier, Paul Rotlland (1803-1830), fils d'Augustin Rotlland et de Marie Jauze, fusilier de la 1ère Compagnie au 30e Régiment d'Infanterie de Ligne, décède, avant la prise d'Alger, le 27 juin 1830 à la suite d'un coup de feu à la tête.


Le second, Isidore Joseph Remaury dit "Ramonet" (1806-1830), fils de Paul Remaury et de Marie Fabra, est voltigeur au 3e Régiment d'Infanterie de Ligne. Entré à l'hôpital temporaire de
Robazeine Villejour à Alger le 28 juillet, il  "décède le 1 août par suite de fièvres" indiquent les documents officiels. Ils font partie des 415 morts de l'opération.
La résistance locale s'organise autour d'Abd El-Kader qui signe avec le général Bugeaud, le 30 mai 1837, le traité de la Tafna (région d'Algérie).

Prise de Constantine
Aucun accord n'étant trouvé avec le bey de Constantine, une expédition forte de 10.000 hommes est organisée.

Soldats de Mosset morts en Algérie

Décès

Prénom Nom

Age

Lieu

1830

Paul Rotlland

27

Alger

1830

Isidore Remauri

24

Alger

1837

Jean Fabre

23

Constantine

1839

Auguste Escanyer

45

Alger

1845

Jacques Escanyé

24

Sidi-Brahim

1849

Pierre Corcinos

26

Constantine

1854

Martin Doutres

23

Mascara

1856

Julien Ribes

22

Constantine

La ville est prise le 13 octobre 1837 après sept jours de siège. Jean Sauveur Fabre (1814-1837) journalier de Mosset, fils de  Sauveur Fabre et de Marianne Terrals, qui, le jour du Conseil de Révision, a tiré le mauvais numéro est fusilier au 23e Régiment de Ligne et fête la victoire mais, "Entré à l'hôpital le 24 octobre 1837, y décède le 28 à la suite de fièvres."

Ensuite, en août 1839, Abd el-Kader reprend la guerre sainte. Parmi les officiers des troupes françaises se trouve Auguste Escanyer (1794-1839), fils de Sébastien Escanyer et de Thérèse Parès, ancien élève du Prytanée Militaire de La Flèche et de l'école de Saint Cyr. Il décède en 1839 à Alger.

Jacques Escanyé aux combats de Sidi-Brahim de septembre 1845
Le conseil de révision de la classe 1841 à Prades, exempte de service militaire le jeune Jacques Antoine Joseph Escanyé (1821-1845) dit "Pinson." En effet il est "fils aîné de veuve" son père étant mort alors qu'il n'avait que 10 ans.  Cependant, il s'engage comme remplaçant de Vilar lui aussi de la classe 1841 et devient soldat au 8e Bataillon des Chasseurs d'Afrique aussi appelé Chasseurs d'Orléans. Son unité est basée à Djemaa el Ghazaouet à l'ouest de l'Algérie. En septembre 1845, elle se bat contre Abd El-Kader qui utilise le Maroc comme base arrière.

Maréchal Bugeaud 1784-1849
Bugeaud

Les français, commandés par le Lieutenant Colonel Montagnac, avaient engagé à la légère le 8e Bataillon des Chasseurs (10 officiers et 346 hommes) et le deuxième escadron du 2e Régiment de Hussards (100 hommes environ) le 21 septembre 1845.

Imprévue, mal commandée par un Montagnac inconséquent, la rencontre tourna mal pour les troupes françaises. Après un premier combat le 23 septembre, les troupes françaises furent réduites de 450 à 82 chasseurs et hussards face à 10.000 berbères. Acculés, les chasseurs de la compagnie de carabiniers se réfugièrent dans le marabout de Sisi Brahim d'où ils repoussent tous les assauts. Après plusieurs jours de siège, les hommes, sans eau, sans vivres, à court de munitions, en furent réduits à couper leurs balles en morceaux pour continuer à tirer. L'émir Abd El-Kader fit couper la tête du capitaine adjudant major Dutertre, fait prisonnier et amené devant le marabout pour exiger la reddition des chasseurs. Malgré tout, Dutertre eut le temps d'exhorter les survivants à se battre jusqu'à la mort. Lorsque l'émir vint demander au clairon Français Roland de sonner la retraite, celui-ci n'en fit rien et sonna la charge.

Lors d'une de ces demandes de redditions, un chasseur répondit "Merde" à l'Émir. Les survivants, n'ayant plus de munitions, chargèrent  à la baïonnette.

Emir Abd El Kader 1807-1883
Abd El Kader

Ils percèrent les lignes ennemies et, sur les 80 survivants, 16 purent rejoindre les lignes françaises (5 moururent quelques jours plus tard). Seuls 11 chasseurs sortirent vivants de la bataille. Les restes des soldats tués à Sidi-Brahim furent rassemblés à Djemaa el Ghazaouet dans le "Tombeau des Braves" puis déposés au Musée des Chasseurs, au vieux fort de Vincennes en 1965. (Wikipedia Bataille de Sidi-Brahim - 2009) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Sidi-Brahim.)

L'héritage du disparu
La mère du malheureux Mossétan Jacques Escanyé, Thérèse Arcens épouse Escanyé, a appris ces événements par un certificat du ministre de la guerre du 17/07/1847 qui indique que son fils " a disparu pendant le combat de Sidi-Brahim le 23 septembre 1845."
Le 16 mars 1848 elle est comparue pour faire la déclaration de succession. Elle a déclaré que "suivant le testament reçu par Me Xatart notaire le 10/07/1847,  elle a été nommée seule et unique héritière par son fils et des renseignements pris auprès des autres militaires du corps, le dit Jacques Escanyé aurait été tué dans ce combat." La déclarante ajoute que par acte du 22/08/1847, reçu par Me Xatart, elle fut mise en possession de cette succession de laquelle elle n'a retiré qu'une somme de 300 francs qui lui a été payée par Estève Joseph procureur  fondé du décédé et ce pour le restant du prix du remplacement militaire du par le Sieur Vilar [Probablement Etienne Vilar né le 19 avril 1821 à Urbanya] soldat de la classe 1841." (ADPO 5W566)
De la même façon, les frères et sœurs du soldat Pierre Bonaventure Corcinos (1823-1849), fils de Isidore Corcinos et de Marie Pesqué , déclarent la succession à la suite de son décès à Constantine le 17 août 1849. et aussi le père, les frères et beaux frères du soldat Martin Doutres (1831-1854), fils de Michel Doutres et de Catherine Lladeres, à la suite de son décès le 22 octobre  1854 à Mascara. On n'en connaît pas les circonstances. (ADPO 114W140 N° 449 et N° 339)

Marabout de Sidi Brahim
Sidi Brahim - Peinture de E. Detaille

Entre 1849 et 1852, la domination française en Algérie s'étend à la Petite-Kabylie. En juillet 1857, des tribus de Grande Kabylie se rendent. La capture de la maraboute Lalla Fatma N'Soumer met un terme à la résistance mais les kabyles se soulèveront encore jusqu'au début des années 1870

Originaire de Mosset, Julien Bernard Martin Ribes (1834-1856) dit "Gardelin" fils de Martin Ribes et de Marguerite Pages, décède à l'hôpital militaire de Constantine le 7 avril 1856. Il avait été exempté de service militaire en 1854 son frère Julien Simon dit "Coll de Manxe" étant décédé au service militaire. Il était parti comme remplaçant de Barthélemy Gailly de Saint-Estève en 1855 après signature d'une contre-partie financière de 2000 francs dont son père Martin (1787-1862) et sa sœur Madeleine épouse Climens ont profité.

En résumé, huit militaires Mossétans ont perdu la vie en Algérie de 1830 à 1856. Deux d'entre eux, pauvres, ne sachant ni lire ni écrire, exemptés de service militaire pour des raisons familiales, ont tenté la chance. Ils ont joué leur vie pour 2 000 francs et ils ont perdu.
Bien entendu d'autres jeunes gens de Mosset sont partis en Algérie et sont revenus. Leurs identités ne sont pas connues.

 
Mis à jour le 03/02/2017
Retourner au contenu | Retourner au menu