Période de 1853 à 1861 - L'école - Histoire de Mosset

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Période de 1853 à 1861 - L'école

XIXe siècle > 1853 à 1861

École de Mosset de 1853 à 1861



La loi Falloux


Loi promulguée le 15 mars 1850 sous la IIe République et donnant une part prépondérante à l'Église catholique dans le système éducatif français.
En ce qui concerne l'enseignement primaire, elle y affirmait le primat de l'éducation religieuse sur les autres matières et la prépondérance morale du curé sur l'enseignement dispensé par l'instituteur. Cette loi donnait à l'Église catholique un pouvoir considérable sur l'ensemble du système scolaire. Ainsi, le conseil académique où siégeait de droit l'évêque pouvait-il, sur simple rapport d'un curé, déplacer à son aise l'instituteur du lieu; ainsi, les religieux désireux de devenir enseignants se voyaient-ils largement privilégiés.  Ainsi, avec la question scolaire, était posée pour la fin du siècle le problème du cléricalisme. (Encyclopédie Microsoft(R) Encarta(R) 99. (c) 1993-1998 Microsoft Corporation. Tous droits réservés).
L'enseignement primaire comprend au minimum :

  1. l'instruction morale et religieuse ;

  2. la lecture ;

  3. l'écriture ;

  4. les éléments de la langue française ;

  5. le calcul et le système légal des poids et mesures.

La loi crée les écoles de filles et de plus l'enseignement des travaux à l'aiguille.
À dater du 1er janvier 1851, le traitement des instituteurs communaux se composera :

  1. d'un traitement fixe qui ne peut être inférieur à 200 francs ;

  2. du produit de la rétribution scolaire ;

  3. d'un supplément accordé à tous ceux dont le traitement, joint au produit de la rétribution scolaire, n'atteint pas 600 francs.

Ce supplément sera calculé d'après le total de la rétribution scolaire pendant l'année précédente.
Les enseignants sont logés par les communes.
Il peut être créé des écoles primaires communales pour les adultes au-dessus de dix-huit ans.


André Vernet Instituteur communal
de 1847 à 1858 puis de 1867 à 1872


Le 03/10/1847 après délibération, le Conseil Municipal engage André Vernet (1821-1895) en remplacement de Michel Torreilles démissionnaire.
André Vernet est né le 7 avril 1821 à Catllar, fils d'Alexandre Vernet et de Pétronille Salèta.
Il n'a pas été appelé au service militaire, bénéficiant de la dispense systématique accordée aux étudiants ecclésiastiques. (ADPO 1R63). Il a très probablement fait ses études au petit séminaire de Prades.
Le dossier de candidature au poste de Mosset contient les éléments suivants :

  1. le brevet de capacité du degré élémentaire a été obtenu le 25 août 1847, il y a à peine quelques semaines.

  2. le certificat de moralité délivré par le maire de Sournia ainsi que celui délivré par les Conseillers municipaux de Mosset est très positif.

Contrairement à son prédécesseur il n'a pas fréquenté l'école normale. Il est issu du recrutement religieux.

Rapidement, le 28 novembre 1849, il épouse Marie Catherine Marguerite Estève (1828-1894), fille du menuisier qui hérite de son père la maison du 8 Plaça de Dalt, où logeront le couple et leurs enfants. En 1851 né Eugénie et en 1851 Théophile. Trois autres enfants suivront.

Les rapports d'inspection à Mosset


L'inspecteur primaire Bareu note le 07/03/1851 : "Capable mais sans aptitude pour l'enseignement primaire. Son école n'est ni bien disciplinée ni bien dirigée. Les progrès sont lents parce que l'enseignement n'est pas assez pratique. Néanmoins l'instituteur est aimé et estimé dans la commune à cause de sa bonne conduite. Il serait à désirer qu'il remplisse ses fonctions avec plus de goût. Il est susceptible de bons résultats."
Quelques mois plus tard, le10/11/1851, M. Bareu revient à Mosset.
"La commune de Mosset a une population de 1300 âmes et néanmoins l'instituteur n'a que 15 élèves. Si l'école n'est pas plus fréquentée, je crois que c'est moins la faute des pères de famille que de celle de l'instituteur. Il est facile de reconnaître qu'il remplit ses devoirs avec indifférence parce qu'il ne se croit pas à sa place. Sa conduite morale est bonne."
L'année suivante, le 20/03/1852, l'inspecteur a été entendu : 32 élèves sont en classe et en 1853, 30 élèves sont présents sur 38. Enfin le IIIe trimestre 1853, " la lecture et le calcul sont très faibles, "ais fait nouveau "la petite école des filles à côté de celle des garçons, non déclarée." (ADPO 1T445)
André Vernet s'investie dans la vie sociale, il tient le poste de Secrétaire du bureau de vote du 20 et du 21 décembre 1851 à l'occasion du plébiscite de Louis-Napoléon Bonaparte

L'Inspecteur primaire, M. Mattes, visite le 18 décembre de l'école publique de Mosset
"Le nombre d'élèves est de 35 dont 22 payants et 13 gratuits. Vingt élèves figurent sur la liste des gratuits mais 13 seulement fréquentent l'école.
Le nombre de payants pourrait facilement atteindre le chiffre de 38 si la rétribution scolaire baissait de 1,5 francs à 1 franc. M. le curé
[François Iglesis] et quelques notables pensent que 30 familles sont en état de payer 1,5 francs. C'est à l'instituteur de les gagner. Il paraît cependant que ce fonctionnaire est plus soucieux des succès de son école surtout depuis qu'il s'est vu menacé de son changement.
J'ai remarqué quelques progrès dans l'enseignement de la grammaire et de l'écriture mais la lecture laisse à désirer car les élèves de la première section , 2 exceptés, ne comprennent pas ce qu'ils lisent. C'est que leur intelligence n'est pas exercée. Le catéchisme, l'histoire sainte et le système métrique sont assez bien sus. Sur 35 élèves, 29 écrivent sur des cahiers ; 14 font la dictée d'orthographe.
En résumé, cette école compte quelques bons élèves mais, vu l'instruction et l'intelligence du Sieur Vernet, elle m'apparut encore faible, malgré l'amélioration que j'ai remarquée
. (ADPO 1T445)
En ce qui concerne les locaux, "Il serait plus convenable que l'école fût placée au 1er étage ou au rez-de-chaussée, ce qui est facile d'obtenir en reculant la cloison élevée entre la cuisine et une petite pièce obscure."

La calomnie
Le rapport précédent est complété par une note confidentielle pour l'Inspecteur d'Académie : "J'ai cherché à connaître d'une manière exacte la conduite privée de l'instituteur de Mosset et j'ai mis dans mes investigations d'autant plus d'attention que le soupçon qui planait sur cet instituteur était de nature très grave.
Plusieurs personnes de Mosset, quelques unes de Molitg et de Prades, ayant d'assez fréquentes relations avec les habitants de Mosset, ecclésiastiques capables, par leur position, de savoir la conduite du sieur Vernet, même dans ce qu'elle peut avoir de plus intime, ont été consultés confidentiellement. Personne n'a pu m'assurer que cet instituteur se soit compromis, en ce qui concerne les mœurs. M. le curé [François Iglesis] au moment où la population était la plus agitée, accusait l'instituteur d'avoir des assiduités coupables auprès d'une jeune personne, sa voisine mais il ajoutait que ces assiduités repoussées par la demoiselle étaient restées à l'état de tentation. Ce qui n'était pas moins grave. Mais rien n'avait percé dans le public, aucun regard n'avait surpris le Sieur Vernet et M. le curé s'était réservé cette accusation comme la dernière arme et la plus meurtrière aussi contre cet instituteur dont il a vivement désiré l'éloignement. Il tenait de la fille même le grief imputé au Sieur Vernet, et c'était très confidentiellement.
Aujourd'hui, prié de me communiquer ce qu'il sait de cette affaire, il a déclaré que tout a cessé, que le Sr Vernet se tient convenablement et qu'il n'a plus (lui, le curé) les mêmes motifs de se plaindre, qu'il lui semble que depuis quelques temps, il soigne mieux l'école, qu'il n'a pas de fréquentation et que s'il continue de s'améliorer il lui rendra son neveu, qu'il avait retiré de l'école. Ainsi, sous le rapport des mœurs, le Sieur Vernet paraît assez irréprochable aux yeux mêmes de M. le curé, son accusateur.
L'indolence ressemblant au dégoût du métier, voilà ce que j'ai entrevu sur toute la personne de cet instituteur. Avec l'instruction et l'intelligence de l'instituteur de Mosset, l'école de cette commune devrait avoir d'autres résultats et je suis persuadé qu'un instituteur plus actif, plus dévoué à ses devoirs et ayant la vocation, avec moins d'argent, obtiendrait des résultats plus satisfaisants."


Le latin interdit
M. Vernet a 2 élèves de latin, les frères Cantié, auxquels il fait la classe chez leur père, après 4 heures de l'après-midi. M le curé affirme que ces jeunes gens sont les seuls qui fassent du latin. J'ai invité le Sieur Vernet à cesser ces leçons et je l'ai prévenu que j'aurais l'honneur de vous en informer immédiatement. Cet instituteur a pu avoir plus de 2 et de 4 élèves de latin, et c'est ainsi que se préoccupant d'instinct de cette classe qu'il n'a pas le droit de faire, il a négligé celle qui est son occupation la plus importante. Je suis avec respect, Monsieur l'Inspecteur, votre très obéissant serviteur. Signé : Mattes" (ADPO 1T445)
Les frères Cantié sont très vraisemblablement Benjamin Cantié (1842-1900) qui a donc 16 ans, futur médecin et maire de Mosset et Etienne Cantié, né le 20/12/1844, 14 ans, futur professeur au collège arabe de Constantine.

En 1858, André Vernet est muté et doit quitter Mosset avec ses 3 enfants, Eugénie 8 ans, Théophile 7 ans et Alexandrine 2 ans.
On le retrouve successivement à Sahorre, Formiguères, Calmeilles le 01/02/1865, Vernet le 01/10/1865.


Antoine Deville - Instituteur de 1858 à 1860

Antoine Deville (1827-1889) succède à André Vernet muté à Sahorre. Il est né à Caudiès-de-Fenouillèdes et est marié à Marie Roquefort.
Il a obtenu son brevet de capacité le 01/05/1855 et a été nommé à l’école de Sournia qu’il quitte le 24/12/1858 pour rejoindre Mosset où il ne reste qu’un an pour rejoindre Claira  le 1/03/1860. Son traitement est de 600 francs par an.
A la retraite avec une pension de 799 francs il décède le 28/02/1889.



Choix d’une institutrice


Conseil Municipal le 14 mai 1857

Vu le brevet de capacité pour l'enseignement primaire fourni par Melle Marguerite Pejouan
née à Codalet, le 22 aout 1853
Vu les certificats de capacité embrassant l'espace de plus de 7 ans, le premier délivré par le Maire de Bompas le 24 octobre 1854, lequel atteste qu’elle a exercé pendant 3 ans et demi
Le second délivré par le Maire d'Opoul le 28 novembre 1854, lequel déclare qu'elle a exercé 2 ans
Le 3e délivré par le maire de Perpignan le 21 novembre 1858 qu'elle a exercé depuis 1840 à 1848
Le 4e délivré par le Maire de Codalet du 8/11/1853 pendant 2 ans avec un zèle infatigable.
Considérant que le poste d'institutrice est vacant et qu'il n'y en a jamais eu, après avoir pris l'avis du CM présente le Demoiselle Pejouan Marguerite à l'effet d'être nommée institutrice communale de Mosset.
La commune n'ayant aucune ressource et qu'elle ne peut s'imposer pour lui fournir un logement gratuit, le sieur Martin Dimon et Joseph Cantié s’obligent à lui fournir un logement gratuit en attendant que M le Préfet puisse venir à son secours.



Jean Charles Labarrère - Instituteur de 1860 à 1863


L’instituteur Jean Charles Labarrère (1825), fils d’instituteur, originaire des Pyrénées Atlantiques,   a obtenu son brevet de capacité le 01/03/1845. Son premier poste en 1845 était Pézilla-de-Conflent où il a épousé Maria Ribes (1829). Il a été nommé instituteur le 6/9/1846. Il est passé à Prats-de-Sournia le 06/09/1852, puis à Terrats en 1855.
Il arrive à Mosset le 1 octobre 1860 qu’il quittera le 01/03/1863 pour aller à Thuès (Traitement de 700 francs), puis à Ansignan le 01/11/1863 et à Trilles.
Il quitte l’enseignement après 34 ans de service, le 10/10/1880 et perçoit une pension de 600 francs ssur 26 ans et 10 mois, moyenne du traitement = 1091 francs, pension = 600 francs.

A Mosset il est aussi secrétaire de Mairie. La famille est rejointe par les parents Labarrère qui y vivront leurs derniers jours. Le couple aura 7 enfants
L’appartement de l’instituteur à Mosset n’est pas adapté à cette grande famille. Le Conseil Municipal en délibère le 15/10/1861 : "Le logement de l'instituteur est insuffisant, tant pour loger sa famille que pour certains objets indispensables pour la cuisine. Il faut 2 chambres au 3e étage et construire un four à la cuisine pour l'usage du pétrin et autres petits articles." Le montant des travaux s'élèverait à 198 francs
Son traitement est de 600 francs.
On ne connaît les rapports d’inspection qu’à partir de du 23/12/1858 (Rapport Poncet) selon lequel "Sa capacité, son aptitude et son zèle sont médiocres. Il manque de méthode et d'activité." Et un an plus tard, le 09/12/1859 : "Labarrère est une assez pauvre tête et d'autre part il n'a qu'une capacité et une aptitude bien ordinaires. Mais fût-il le fonctionnaire le plus digne, le plus capable et le plus dévoué, qu'il ne réussirait pas."
Ces appréciations expliquent peut-être qu’il ne soit resté que 2 ans et demi à Mosset. Son père et sa mère sont décédés à Mosset en 1861 et 1862.
Le couple a eu 7 enfants : l'aîné est curé, né en 1848, et le plus jeune en 1873.
Références (ADPO 1T65, 1T172, 1T62, 1T437)


Coût de l'enseignement primaire


Au 14 février 1861, l’instituteur perçoit au total un traitement de 600 francs par an. Sur ces dépenses la mairie reçoit une subvention de 57 francs sachant que la contribution scolaire des enfants est de 324 francs et l’impôt de 218 francs.
S’ajoutent à ces frais l’entretien de la maison commune. Le 26/11/1860, le toit est en "en état de dépérissement."


 
Mis à jour le 13/02/2018
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